Dehmazang [2007-2010]
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Le petit jour à Dehmazang, vestiges de l'ancien centre culturel soviétique, détruit lors de la guerre civile, et transformé depuis en squat. Les plus courageux partent au petit matin chercher un travail à la journée. -
Les usagers de Dehmazang. -
Les ruines de cet ancien centre culturel sont devenues un véritable refuge et un repaire pour les consommateurs d'héroïne. De quelques 50 usagers y vivant il y a tout juste deux ans, ils sont maintenant plusieurs centaines a y avoir élu domicile. Tout au long de la journée de nombreux usagers "non-résidents" transitent également par le centre pour acheter et consommer a l'abri des regards. -
Les usagers de Dehmazang. -
Certains usagers, parce qu'ils recherchent des sensations plus fortes, ou parce que leurs autres veines se sont infectées, s'injectent dans le cou. L'opération se révèle délicate et demande de l'entraide : pendant que l'un retient sa respiration afin de remplacer le garrot, l'autre injecte. -
Ali et Jawed sont frères et usagers tous les deux. Ils sont arrivés ensemble à Dehmazang après leur expulsion d'Iran. -
L'hiver est rude en Afghanistan, les températures descendent parfois jusqu'à - 20 degrés à Kaboul. Une chaïkhana ("maison de thé") improvisée sert du thé, aidant a lutter contre le froid. -
Les usagers de Dehmazang. -
Les usagers de Dehmazang. -
Les usagers de Dehmazang. -
Les usagers de Dehmazang. -
Le manque, la paranoïa qu'il entraîne. Mohamad Achim cherche désespérément des petits paquets d'héroïne, qu'il n'aurait pas fini. Mohamed Hachim a 50 ans, c'est un des doyens du centre. Sous les Soviétiques, il a tout perdu. Ses parents, sa femme, ses enfants. Depuis 20 ans, il prend de l'héroïne pour oublier. Il mendie dans les rues pour récupérer quelques afghanis et se payer ses trois doses quotidiennes : trois dollars (soit un dollar la dose, trente fois plus qu'il y a dix ans). -
Mussa Ahmadi, 19 ans. Il y a quelques mois encore, a son arrivée dans le squat, Mussa avait les joues roses, servait dans une petite chaïkhana ("maison de th2") de fortune mise en place dans le centre, et prenait soin de lui, tout simplement. Animé par l'espoir de pouvoir aller en Iran prochainement retrouver sa famille. Aujourd'hui, 8 mois après, Mussa a bien changé. Il a perdu 20 kg ce dernier mois, et avec toute son envie de vivre. Il meurt quelques semaines après. -
Les usagers de Dehmazang. -
Les usagers de Dehmazang. -
Hussein, quelques jours avant de mourir. En raison d'une phlébite, Hussein ne peut plus se lever et agonise depuis plusieurs semaines, attendant une mort qui tarde a venir. Par solidarité, les autres usagers essaient de s'occuper de lui comme ils peuvent, partageant un peu d'héroïne et chassant les mouches que ses plaies et escarres attirent. -
Issa est mort d'une overdose, un matin de Janvier, quelques jours apres l'Aïd. C'était un jeune homme de 23 ans. Réfugié en Iran depuis de nombreuses années, il avait été expulsé deux ans auparavant. Sa famille est toujours là-bas. Ayatullah, un de ses amis, usager également, qui vivait avec lui dans le squat a organisé et payé les frais de ses funérailles, s'élevant à 80 dollars. -
Sur la tombe d'Issa. -
Les usagers de Dehmazang. -
Mussa Ahmadi, 19 ans. -
Les usagers de Dehmazang. -
La chambre de Behezad. -
La vie se met en place a Dehmazang : certains usagers ont vite compris les bénéfices qu'ils pouvaient tirer en montant des petites boutiques de fortune qui proposent les produits essentiels aux consommateurs. Papier toilette pour fabriquer des mèches, allumettes, cigarettes, emballages de chewing-gum dont le papier aluminium sert pour faire chauffer l'héroïne, Valium et doses d'héroïne a l'unité (1 dollar environ). -
Reza et Ali Agha, dans leur pièce. -
Hassan dans sa pièce. -
Les usagers de Dehmazang : la "lessive". -
Les usagers de Dehmazang : l'heure du ménage. -
Ramazon soigne les plaies de son fils Reza, 19 ans. Tous deux sont usagers, ils vivent dans le squat depuis qu'ils ont été expulsés d'Iran. Nous sommes en Décembre, Reza s'est brûlé il y a plus de six mois déjà, mais la plaie est toujours à vif. Il s'était assoupi avec sa cigarette encore allumée, et ne s'était pas rendu compte que ses vêtements et sa peau brûlaient. Il meurt de septicémie quelques mois plus tard, au printemps. Son père le suit un mois après, d'une overdose à la sortie d'une cure de désintoxication qu'il avait entrepris après le décès de son fils. -
Bachir, le regard hagard et perdu. Atteint du VIH-SIDA, il succombe à la maladie quelques mois plus tard. -
Les usagers, sous le portrait de Lenine, dans les ruines de l'ancien Centre Culturel Soviétique à Dehmazang. -
Mussa Ahmadi, 19 ans. -
Le squat vient d'être vidé par une descente de police. Un usager, qui a échappé a la rafle, se retrouve tout seul. Les autres sont relâchés quelques heures plus tard, et repeuplent peu à peu les lieux.