10 ans après, Kaboul

2001.
Le Commandant Massoud est assassiné. Deux jours après, le 11 Septembre, les Twin Towers s’effondrent. Les Etats-Unis sont attaqués sur leur sol, la guerre en Afghanistan est déclarée en réponse.
Le 14 novembre, Kaboul est libérée. Le régime Taliban chute en décembre, deux mois après le début de l’intervention américaine. Les organisations internationales se déploient dans le pays.

2011.
Après une décennie de présence civile et militaire occidentale, des milliards de dollars dépensés dans l’aide au développement et autant perdus dans les limbes de la corruption, Kaboul est une ville contradictoire, complexe et en pleine mutation, tant au niveau architectural que humain.
Elle développe un style unique, celui d’une capitale d’un pays à deux vitesses : d’un côté une croissance économique faussement gonflée par une présence internationale massive et la guerre de l’autre. Comme un reflet de l’évolution des mœurs et de la culture de ses habitants, les bâtiments récents aux couleurs clinquantes jouxtent les constructions traditionnelles, avec plus ou moins d’harmonie et de logique. Les mesures de sécurité de plus en plus drastiques font s’élever toujours plus haut des murs de béton. Barricadés, isolés et défigurés, tels apparaissent le centre-ville et les quartiers d’affaires. Pour autant, les jeunes fréquentent fast-food et supermarchés foisonnants. Quelques mètres plus loin, les bergers font brouter tranquillement leurs troupeaux au milieu des ordures. L’asphalte ne semble pas effrayer les chèvres et les moutons. Jouant avec des bouts de ficelles et des sacs en plastiques dans les terrains vagues, les enfants aux chevaux sales et joues roses sont quant à eux les emblèmes parfaits de la misère.

On a tout montré de Kaboul, tout vu. La manière de représenter un pays « en guerre » est sans retenue, quasi pornographique. Travaillant régulièrement pour la presse, c’est avec un regard d’auteur que je photographie la capitale afghane, « dix ans après ». Je propose une vision personnelle et sensible de Kaboul, ville qui m’a toujours autant fascinée qu’exaspérée.
J’ai cherché l’humain dans la ville, en tâchant de garder une certaine pudeur et distance. Juste souligner quelques petits détails, ce qui est à peine tangible. Comme un signe de respect pour cette ville qui m’est devenue familière, mais dans laquelle je resterai toujours une étrangère, une «invitée » comme disent les Afghans.

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